Face à la flambée des prix des carburants traditionnels et aux restrictions de circulation dans les ZFE, les carburants alternatifs attirent de plus en plus d’automobilistes. Le GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié) et le E85 (superéthanol) s’imposent comme les deux principales options pour réduire son budget carburant sans passer immédiatement à l’électrique. Mais lequel choisir ? Tout dépend de votre véhicule, de votre kilométrage et de votre accès aux stations. Voici un comparatif complet pour vous guider.
Prix et économies : deux philosophies différentes
Le premier critère qui attire les conducteurs vers ces carburants, c’est évidemment le prix à la pompe. Sur ce point, le GPL et le E85 affichent des performances très attractives, mais avec des nuances importantes.
Le GPL, un carburant très économique mais qui consomme plus
En 2026, le prix moyen du GPL en France se situe autour de 0,90 €/L, contre environ 1,80 €/L pour le sans-plomb 95 . C’est un écart considérable, mais il faut le relativiser : un véhicule roulant au GPL consomme en moyenne 10 à 15 % de plus qu’en essence . Cette surconsommation est due à la densité énergétique légèrement inférieure du gaz.
Malgré cela, le gain reste spectaculaire. Pour un conducteur parcourant 20 000 km par an, le coût au kilomètre est d’environ 0,055 €/km pour le GPL, contre 0,109 €/km pour l’essence . L’économie annuelle peut dépasser 1 000 € par rapport à l’essence .
Le E85, l’éthanol moins cher mais gourmand
Le superéthanol E85 est souvent encore moins cher que le GPL à la pompe (autour de 0,80 €/L), mais sa consommation est plus élevée : comptez 25 à 30 % de surconsommation par rapport à l’essence. Pour un véhicule flexfuel E85 d’origine, l’économie reste très significative. Pour un véhicule essence converti avec un boîtier homologué (environ 800 à 1 500 €), la rentabilité dépendra du kilométrage.
Verdict : les deux carburants offrent un coût au kilomètre très compétitif, avec un léger avantage pour le E85 sur le prix brut, mais une surconsommation plus marquée.
Écologie et accès aux ZFE : la vignette Crit’Air

Dans un contexte de durcissement des restrictions de circulation, la classification environnementale est cruciale.
Le GPL, roi des ZFE
Le GPL bénéficie d’un atout majeur : les véhicules conformes aux normes Euro récentes (à partir de 2006 environ) obtiennent la vignette Crit’Air 1, la meilleure classification après les véhicules 100 % électriques et hydrogène . Cela s’explique par ses émissions très faibles : le GPL génère quasiment aucune particule fine et très peu d’oxydes d’azote . Ses émissions de CO₂ sont réduites d’environ 20 % par rapport à l’essence . Accédez à toutes les infos en cliquant ici.
Le E85, moins bien classé mais vertueux
Le E85, composé à 85 % de bioéthanol issu de végétaux, est excellent sur le plan des émissions de gaz à effet de serre (bilan carbone neutre en théorie). Mais il reçoit une vignette Crit’Air 2 (comme les essences récentes), car ses émissions de particules et d’oxydes d’azote sont similaires à celles de l’essence. Il est donc moins favorisé dans les ZFE les plus restrictives.
Verdict : le GPL est plus vertueux pour la qualité de l’air locale et mieux classé Crit’Air, un point crucial si vous vivez dans une grande métropole.
Autonomie et praticité au quotidien
Sur ce plan, les deux solutions diffèrent sensiblement.
Le GPL : le double réservoir qui rassure
Un véhicule GPL est toujours équipé d’un double réservoir : il peut fonctionner indifféremment au gaz ou à l’essence. L’autonomie combinée est donc excellente, souvent supérieure à 1 000 km . C’est un vrai confort pour les longs trajets.
Le point faible ? Le réservoir de GPL (généralement une bombe toroïdale logée à la place de la roue de secours ou dans le coffre) empiète sur l’espace de chargement . Sur certaines voitures, la perte de volume peut être significative.
Le E85 : un seul réservoir
Sur un véhicule E85 (d’origine ou converti), vous utilisez le même réservoir que pour l’essence. Vous perdez donc de l’autonomie si vous roulez exclusivement à l’éthanol, mais vous conservez tout votre coffre. En hiver, le moteur peut avoir besoin d’un peu d’essence pour démarrer si les températures sont très négatives.
Verdict : le GPL est imbattable sur l’autonomie mais sacrifie du coffre ; le E85 conserve tout l’espace mais offre moins de polyvalence.